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En cette chaude rentrée de septembre, nous vous emmenons profiter d’un bain de mer avec le peintre Claude Monet !

La pratique du bain de mer serait apparue en Angleterre dès 1730 dans une optique, au départ, curative. Puis, avec l’évolution des chemins de fer et les premières avancées sociales, celle-ci se démocratise et l’on voit apparaître les premières stations balnéaires en 1859.  Une période ayant fortement influencé un peintre français de renom… Claude Monet.

Claude Monet, Hôtel des Roches Noires, 1870, Musée d'Orsay
Claude Monet, Hôtel des Roches Noires, 1870, Musée d'Orsay

Le bain de mer, une pratique qui prend naissance en Angleterre

Cette pratique est apparue beaucoup plus tôt que ce que l’on peut penser et principalement dans un pays auquel on ne penserait pas tout de suite… l’Angleterre ! Dès 1730, à Scarborough sur la côte de la Mer du Nord pour ses cures thermales, puis à Brighton dans les années 1840. 

En France, la pratique du bain de mer prend naissance à Dieppe en 1806 avec Madame de Boigne. De retour d’Angleterre après son exil causé par la Révolution française, la Comtesse souffre d’une fièvre intermittente apparemment incurable. Se souvenant des conseils de santé et des bienfaits des bains d’eau froide, elle décide d’aller s’immerger à Dieppe. L’événement fait sensation ! En 1813, c’est au tour d’Hortense de Beauharnais, la fille de Joséphine et mère de Napoléon III, d’aller se tremper à Dieppe pour soigner son mal par un bain froid.

"Se souvenant des conseils de santé et des bienfaits des bains d’eau froide, elle décide d’aller s’immerger à Dieppe."

Bien que ces deux événements soient cocasses et aient fait la Une des journaux, la mode ne sera réellement lancée qu’en 1825 avec la belle-fille de Charles X, la duchesse de Berry, en pleine santé, qui part s’immerger pour le plaisir, à chaque début de saison estivale.

Carte Postale XIXeme siècle, plage de Trouville
Carte Postale XIXeme siècle, plage de Trouville

La création des premières stations balnéaires par la bourgeoisie

En 1848, apparaissent les premiers trains de plaisir Paris-Dieppe. L’installation grandissante des chemins de fer et les avancées sociales pour les travailleurs français sur les jours de repos offrent la possibilité à plus de personnes de venir profiter de l’air marin pour la journée ou plusieurs jours.

Sortie de bain à Trouville, deux baigneuses sortant de l’eau regardées par une foule de curieux
Sortie de bain à Trouville, deux baigneuses sortant de l’eau regardées par une foule de curieux

Les baigneurs de la première heure avaient trouvé à Trouville une belle plage de sable fin ainsi qu’un village typique de pêcheurs. Or, avec la démocratisation grandissante du bain de mer, une certaine classe de la population reproche « une population trop mélangée ». Ainsi, en 1859, le duc de Morny, fils d’Hortense de Beauharnais, issu de sa liaison avec Charles de Flahaut, porte le projet de la création de Deauville sur les marais adjacents de Trouville. Le casino ne fait que compléter cette idée du confort et du plaisir des bourgeois lors de leurs séjours balnéaires. 

La plage à Etretat circa 1910
La plage à Etretat circa 1910

Une tendance qui influence les artistes de l’époque

C’est ainsi que le musée d’Orsay expose deux œuvres témoignant de cette période: Les baigneurs de la plage de Trouville, d’Eugène Boudin et L’Hôtel des Roches Noires. Trouville de Claude Monet. 

Eugène Boudin, baigneurs de la plage de Trouville, 1869
Eugène Boudin, baigneurs de la plage de Trouville, 1869

Le 28 juin 1870, Claude Monet épouse Camille Doncieux, dont il a déjà un fils de 3 ans, à Paris. Ils partent ensuite pour Trouville-sur-Mer, à la fois dans l’optique de faire un voyage de noces et dans l’espoir de vendre quelques toiles aux nantis qui y séjournent et se promènent sur les planches. Influencé par Eugène Boudin, Monet le retrouve à la mi-août, c’est ce dernier qui lui a appris à peindre sur le motif au Havre en 1858 et qui lui aurait dit « Étudiez, apprenez à voir et à peindre, dessinez, faites du paysage. » Ainsi, sur la plage ou en ville, ils privilégient tous deux des sujets relatifs aux mondanités balnéaires de la fin du Second Empire. 

« Étudiez, apprenez à voir et à peindre, dessinez, faites du paysage. »

Claude Monet, Hôtel des Roches Noires, 1870, Musée d'Orsay
Claude Monet, Hôtel des Roches Noires, 1870, Musée d'Orsay

Cet été à Trouville semble avoir définitivement marqué la peinture de Monet. Le style est plus allègre, la palette est plus claire et lumineuse, il donne plus d’importance aux effets de l’air, du vent, du soleil et de l’atmosphère. Sa touche rapide et allusive donne tout son effet de frémissement au drapeau qui attire l’œil au premier plan. Le format vertical contraste avec la stabilité des figures réparties dans le tableau. L’Hôtel des Roches Noires est un choix stratégique pour Monet car fréquenté par la grande bourgeoisie et qui deviendra un lieu encore plus emblématique après le séjour dans ses murs de Marcel Proust.

Hôtel des Roches Noires. Trouville
Hôtel des Roches Noires. Trouville
Crédits photos:
1. Claude Monet, Hôtel des Roches Noires. Trouville, 1870 © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
2. L’Histoire des bains de mer – Office de Tourisme de Trouville-sur-Mer https://www.trouvillesurmer.org/2020/03/15/lhistoire-des-bains-de-mer/
3. Sortie de bain à Trouville [deux baigneuses sortant de l’eau regardées par une foule de curieux] : [Agence Rol] @ bnf.gallica.fr / Bibliothèque Nationale de France
4. La plage à Etretat v 1910 © akg-image
5. Boudin, baigneurs de la plage de Trouville, 1869 © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Franck Raux
6. Claude Monet, Hôtel des Roches Noires. Trouville, 1870 © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
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